A faire et à ne pas faire


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Ceux d’entre nous qui soutiennent les personnes qui viennent de perdre leur animal, le font à travers des rôles professionnels et personnels fort variés : les conseillers de deuil, les animateurs de groupes de soutien, les spécialistes en communication animale, les vétérinaires et leur personnel, le personnel des refuges animaliers, les amis, la famille, les collègues de travail, et les connaissances. Ces rôles spécifiques modulent souvent l’intensité, la fréquence et les limites de la forme de notre soutien et la pertinence des suggestions ci-dessous.

A FAIRE :

  •  Se rappeler que le deuil est indifférent de l’espèce perdue.

    Honorez et acceptez que la personne en deuil puisse aimer et considérer les animaux autant que des humains. Ne présumez jamais que les valeurs de l’autre sur les animaux soient les mêmes que les vôtres. Ceci est particulièrement important si la personne en deuil considère les animaux comme des humains, comme des membres de la famille et vous non.

  •  Accepter les personnes au stade du deuil qu’elles ont atteint.

En phase de choc, de déni, en larmes, en proie à une violente angoisse, à la colère, à la dépression…et non au stade où vous pensez qu ‘elles devraient être ou auquel vous seriez si c’était vous. C’est leur deuil et pas le vôtre et c’est à eux de guérir. La meilleure façon de les aider à guérir est de mettre en place une relation dans laquelle il n’y aura pas de jugement mais de l’authenticité, et du respect pour leurs sentiments, leurs valeurs, et leurs expériences.

  • Contacter les personnes pour reconnaître leur perte.

Exprimez votre préoccupation et votre souci de façon manifeste : téléphonez, envoyez un courriel ou écrivez. Dites que vous vous préoccupez, que vous êtes désolé(e) et que vous savez que ça doit être très dur pour elles. Utilisez le nom de l’animal dans votre conversation et vos commentaires. Le son même du nom peut être précieux pour les personnes et de plus personnalise vos commentaires.

  • Proposer d’être avec elles.

« Si tu veux, je peux rester un peu avec toi. »
« Je serais heureux(se) d’être avec toi quand tu l’amèneras chez le vétérinaire. »
ou «Je serais heureux(se) de venir. »

  • Proposer de parler par téléphone.

« Je suis là si tu veux parler. »
ou « Quand je t’appelle, tu peux me dire si tu n’as pas envie de parler. »

  • Proposer d’écouter.

Posez des questions ouvertes, et écoutez.
« Aimerais-tu parler de ce qui s’est passé ? »
« Dis-moi ce qui s’est passé. »
ou « Quel est le plus dur pour toi ? »

  • Ecrire un mot ou une lettre.

Aussi important que puissent être la présence physique ou le coup de téléphone, les sentiments écrits perdurent et peuvent réconforter de nombreuses fois au cours du temps. Manifestez votre tristesse à l’égard de votre ami(e), peut-être des histoires dont vous vous rappelez à propos de son animal ou un poème sur la perte de l’animal.

  • Rester en contact malgré le temps qui passe.

Trop souvent, après la mort ou l’enterrement, le soutien tend à décliner. Faites-vous un mémo pour penser à prendre des nouvelles peut-être dans une semaine, un mois, 6 mois et lors de l’anniversaire de la mort.

  • Porter les personnes dans votre cœur.

Incluez les dans vos pratiques spirituelles, prières, méditations, Reiki et envoyez-leur votre amour.

Si vous avez aussi du chagrin pour cet animal (c’était l’animal de votre meilleur ami, vous le connaissiez et l’aimez aussi), n’attendez pas que son maître vous soutienne !

En tant que personne en deuil vous aussi avez besoin de soutien, et devez en chercher. Le maître cependant, n’est certainement pas dans de bonnes conditions émotionnelles pour vous le fournir et ne devrait pas être sollicité. Trouvez du soutien ailleurs pour vous. Dans votre cas, vous êtes à la fois et simultanément dans les deux rôles de personnes en deuil et de soutenant. Il est important de reconnaître les différences entre ces deux rôles et de rechercher du soutien auprès de sources appropriées.

  • Prendre le temps d’apprendre des choses sur le deuil afin de mieux comprendre leur expérience.

Mais ne faites pas de commentaires du genre : « tu dois être dans le deuxième stade. » Les livres sur le deuil sont des guides très utiles pour nous permettre de comprendre nos périples de deuil. Rappelez-vous, cependant que beaucoup de chemins mènent à Rome. Si vos amis devaient aller à Rome, cela vous aiderait de bien connaître l’atlas afin de mieux suivre le déroulement de leur voyage mais n’imposez pas vos idées sur la meilleure façon d’y parvenir.

  • Accepter le style de la personne en deuil et le temps qu’il lui faut.

Tout le monde n’exprime pas son deuil de la même manière. Certaines personnes ont besoin de beaucoup de contact, d’autres préfèrent leur intimité. Certaines vont se sentir en paix par rapport à leur perte presque immédiatement alors que pour d’autres cela prendra des mois ou plus longtemps. Que ce soit similaire ou différent de notre expérience, nous devons simplement être avec l’autre et le laisser guérir à sa façon.

  • Proposer le pouvoir apaisant du toucher

Si vous connaissez bien la personne en deuil, vous avez probablement déjà établi des limites à propos du toucher et des étreintes. Si vous savez que la personne est d’accord pour être touchée, faites-le. La perte d’un animal c’est aussi la perte du toucher…aussi être touché, pour ceux qui le veulent, peut être une forme de soutien très puissante et très appréciée. Si vous ne connaissez pas les dispositions de la personne par rapport au toucher, vous pouvez demander : « Est-ce que je peux te prendre dans mes bras ? » Quelquefois, étreindre chaleureusement la main ou l’épaule peut envoyer un fort message de soutien.

  • Faire savoir à la personne qu’elle peut pleurer devant vous.

Soyez à l’aise face à ses larmes. Dites-lui : « Tu peux pleurer devant moi. », « Prends ton temps, ça va, tu peux pleurer. » Vous pouvez pleurer vous aussi.

  • Ecouter beaucoup et parler peu.

Apprenez à être à l’aise avec le silence. Ne comblez pas le silence par des bavardages ou des questions complexes sur le deuil, spécialement si vous n’êtes pas thérapeute. Laissez la personne endeuillée vous faire part de son expérience. Quelles que soient nos expériences en tant que personnes endeuillées ou en tant qu’aidant, pas deux expériences de perte ne se valent. Poser des questions simples, ouvertes pour permettre (et non forcer) l’expression de leur deuil personnel. Les personnes endeuillées récemment peuvent être incohérentes ou désorientées. Soyez prêts à entendre et réentendre leur histoire.

  • Proposer à la personne de vous raconter des anecdotes à propos de l’animal qui est mort.

Ce seront peut-être des histoires en rapport avec la maladie ou la mort mais aussi des histoires relatives à sa vie. « Qu’est-ce que tu préférais chez Bud ? » ou « Comment était Muffin quand elle était petite ? »

  • Partager vos souvenirs et vos propres histoires à propos de son animal.

Cela aide la personne touchée de savoir que d’autres personnes connaissaient et aimaient son animal aussi.

  • Demander « comment te sens-tu aujourd’hui ? » à la place de « Comment vas-tu ? »

A la deuxième question on répond presque toujours « bien » alors que la première incite à une réponse plus honnête et plus naturelle.

  • Proposer une aide pratique que la personne apprécie.

La clé est de savoir ce que la personne apprécie. C’est important de proposer plutôt que d’imposer et d’avoir la certitude de ce dont la personne a vraiment besoin au lieu de supposer. Presque toutes les personnes en deuil peuvent utiliser de l’aide. Le deuil est émotionnellement et physiquement épuisant. Cependant quand quelqu’un demande : « est-ce que je peux faire quelque chose pour toi? » la plupart des personnes sont trop fatiguées pour penser à ce dont elles ont besoin ou sont trop gênées de vous demander de leur préparer le repas ou de les aider à garder leur enfant. Voilà pourquoi, ça peut aider, spécialement si vous habitez près de la personne, de proposer votre aide pour des courses ou des travaux ménagers qui font partie de leur style de vie. Si vous désirez vraiment investir du temps et de l’énergie pour aider la personne en deuil, arrangez-vous pour qu’elle sache que vous le désirez vraiment.

  • Si des sentiments ou de la culpabilité sont exprimés, écoutez
    Et permettez que les pensées et les préoccupations de l’autre soient clarifiées à travers votre  discussion. Quelquefois nous faisons des erreurs et regrettons des choses que nous avons faites ou pas faites. En finir avec les regrets est une tâche critique dans la phase de réconciliation du deuil. Ne sous estimez pas trop vite la culpabilité de l’autre pour ne pas qu’il souffre. Soyez là pour écouter, posez des questions sans juger, afin de l’aider à s’en sortir par lui-même. Vous ne pouvez pas lui ôter sa peine ou sa culpabilité mais en écoutant, de façon inconditionnelle et en étant présent(e), vous pouvez l’aider à guérir par lui-même. Si la personne exprime des sentiments de culpabilité en disant par exemple : « je me sens si mal et si coupable car j’aurais du le faire euthanasier plus tôt. J’ai si peur qu’il ait souffert. », résistez à la tentation de lui répondre : « Tu as fait de ton mieux à ce moment là. » afin de soulager sa culpabilité.

Au contraire, essayez de lui faire explorer sa culpabilité par elle-même, son côté logique et illogique. Vous pouvez par exemple demander : « Dis-moi ce que tu as ressenti, ce qui s’est passé quand tu as pris cette difficile décision. » Cela lui permet d’explorer sa culpabilité plutôt que de se voir imposer notre point de vue, notre besoin d’alléger notre gêne face à sa souffrance.

  • Proposer des ressources.

Vous pouvez peut-être leur donner un livre, une cassette ou une vidéo sur le deuil. Vous pouvez aussi appeler votre SPA locale pour une liste des conseillers de deuil et des groupes de soutien dans votre région. Voyez la section Ressources pour des idées spécifiques. Un point important quant à vos petites attentions en cas de deuil : soyez sûrs que votre façon d’exprimer vos condoléances « colle » avec les croyances de l’autre qui ne sont  pas nécessairement les vôtres.  Par exemple, faites attention de ne pas envoyer une cassette sur la réincarnation animale, même si cela est réconfortant pour vous, si la personne endeuillée ne partage pas ces croyances. Ou d’envoyer une carte disant : « ton animal bien-aimé est maintenant près de Dieu. » à quelqu’un qui n’est pas croyant. Partant d’une bonne intention, recevoir quelquefois des cartes ou des attentions comportant des messages différents de nos propres croyances peut être déconcertant et parfois même insultant.

  • Etre honnêtes sur vos sentiments de gêne ou d’impuissance.

Votre sincérité aidera la personne en deuil à être ouverte et sincère avec ses propres sentiments. On peut dire : « je me sens impuissant(e) à t’aider, je voudrais pouvoir t’enlever ta peine mais je sais que je ne peux pas. » Cependant n’attendez pas de l’autre qu’il vous soutienne dans votre sentiment d’impuissance. Rappelez-vous que ce n’est pas le moment d’attendre du soutien de la part de la personne en deuil. Rechercher du soutien auprès d’une autre personne.

  

A NE PAS FAIRE

  •  Utiliser des clichés

Le numéro 1 des clichés mal accepté :  « c’était juste un chat (chien, cheval, lapin, oiseau…), tu en prendras un autre. » Si ces mots représentent votre façon de penser, vous ne devriez certainement pas envisager d’apporter votre soutien à une personne qui vient de perdre son animal. Ces mots sont douloureux, insultants et enragent la personne qui aime profondément son animal. Suggérer que ce qui est mort ou perdu peut-être si facilement remplacé dévalue l’animal qui est mort ainsi que la relation entre la personne et son animal. Si vous êtes de la famille ou un ami en contact fréquent avec la personne en deuil et que c’est votre façon de penser, le mieux que vous puissiez faire est de garder vos pensées pour vous.

Alternative positive : « je sais que ton animal représentait beaucoup pour toi. »

  • Le deuxième cliché mal accepté :
  • Version 1 : « c’était la volonté de Dieu. »

Alternative positive : « je prierai pour toi. » qui fait appel à l’utilisation de votre spiritualité pour aider l’Autre mais n’impose pas une croyance spécifique qui peut-être différente des siennes ou l’offenser. Lors d’enquête sur le deuil, même des chrétiens pratiquants ont déclaré avoir été en colère en entendant cette phrase après avoir perdu un être aimé.

  • Version 2 : « Sois réconforté(e) en sachant que ton animal a choisi de partir et qu’il y a un sens à tout ce qui nous arrive. » Ceci est la version métaphysique de « c’était la volonté de Dieu. » qui est tout aussi néfaste. Ceci peut être l’opinion de la personne en deuil et/ou de l’aidant. Cependant, à moins d’être absolument sûr(e)s que nos opinions spirituelles relatives au deuil sont partagées par la personne, mieux vaut les garder pour nous. Les personnes en deuil ont besoin de réconfort pas de sermons. Elles ont besoin d’un espace de non-jugement pour affronter leurs propres doutes ou re-clarifier leurs pensées. Ce n’est pas le moment pour vous d’imposer vos opinions sur la mort et la vie après la mort. Soyez sensible au fait que même si la personne endeuillée à de solides croyances spirituelles sur la vie après le mort, cela ne l’empêchera pas d’être accablée par des émotions  d’angoisse et de chagrin.
  • Le troisième cliché : « je sais ce que tu ressens. »

Alternative positive : « je peux à peine imaginer combien cela doit être douloureux pour toi. » Peu importe quelles soient similaires, aucune circonstances et aucune réaction à la perte ne sont identiques. C’est banal, condescendant, et pratiquement jamais réconfortant d’entendre quelqu’un déclarer qu’il sait ce que nous ressentons. Ce n’est pas le cas.

  •  Autres clichés communs à éviter :
  • Tu es fort(e). Les personnes en deuil ne sont pas toujours fortes et ont besoin d’un temps où se sentir vulnérables, faibles et blessées et non pas fortes.
  • Le temps guérit toutes les blessures
  • Estime-toi heureux(se) qu’il ait vécu une longue vie. S’estimer heureux de longues et belles années passées ensemble ne prévient pas l’angoisse et le chagrin lorsque survient la mort.
  • Estime-toi heureux(se) d’avoir d’autres animaux. S’estimer heureux d’avoir d’autres animaux dans nos vies ne prévient pas l’angoisse et le chagrin de la mort de celui-ci.
  • Au moins il/elle n’a pas souffert : l’absence de souffrance ne prévient pas la tristesse lors de la mort.
  • Ne pleure pas
  • Tu t’en remettras

Un livre utile sur les clichés les plus couramment utilisés lors du deuil et leurs alternatives positives est : je sais ce que tu ressens  par Erin Linn (en anglais) disponible sur http://www.compassionbooks.com/

 

  • Peu après la mort, évitez de parler de futilités déplacées comme la joie de votre animal ou votre chance devant la personne en deuil.

La personne endeuillée voit le monde sombre et triste et s’attendre ou la forcer à participer aux joies ou aux futilités des autres peut être ressenti comme bouleversant ou provoquer du ressentiment.  Bien sûr si c’est la personne endeuillée qui aborde le sujet, alors vous pouvez poursuivre cette conversation.

  • Ne comparez pas un deuil à un autre. C’est à dire « au moins, tu sais ce qui s’est passé avec Fluffy. Rappelle-toi que le chien d'untel ou d'unetelle est mort et qu'elle n'a jamais su ce qui s'était passé....)

Il est vrai que certaines pertes semblent plus tragiques et difficiles à accepter que d’autres. Bien que la disparition d’un animal âgé semble moins surprenante que la disparition d’un jeune animal dans un accident, c’est injuste et d’aucun secours de suggérer à la personne en deuil qu’elle devrait ressentir moins de peine (ou pas de peine), parce que « ça aurait pu être pire. »

  • Si vous proposez une ressource en guise de soutien comme un livre, ne demandez pas, spécialement les premiers temps, si la personne l’a apprécié.

Les personnes peuvent se sentir obligées de dire qu’elles l’ont apprécié ou se sentir obligées de le lire alors qu’elles n’en ont pas le courage. Peut-être ne sont-elles pas prêtes. L’on doit proposer différentes formes de soutien sans attacher d’importance au fait que l’Autre les apprécient ou pas ou bien les utilisent ou pas.

  • N’interrompez pas, ne changez pas de sujet, ne vous montrez pas impatient.

Il est possible que la personne radote, se répète ou soit incohérente. C’est normal et cela peut être observé un certain temps. Ecoutez simplement. Leur cœur et leur esprit leur semblent comme un vrai chaos. Soyez tolérant. Ne leur demandez pas d’être rationnel. Cela reviendrait à forcer un ami à la jambe cassée à se lever et à marcher car cela vous gêne de le voir assis là. Soyez avec l’autre, comme il est et laissez le guérir.

  • N’attendez pas que la personne en deuil du moins au début fasse tout ce qu’elle avait l’habitude de faire auparavant.

Une perte sérieuse affecte le corps et l’esprit. Les personnes en deuil ont besoin de temps pour se reposer, réfléchir…

  • Ne lui racontez pas l’histoire de la perte de VOTRE animal.

C’est leur deuil, leur perte. Si vraiment votre histoire s’apparente à la sienne, peut-être un bref commentaire comme « je me souviens combien cela a été dur pour moi. Je peux seulement imaginer combien cela doit être difficile pour toi maintenant. » Mais pas toute l’histoire ! Si cette expérience de deuil réveille en vous d’anciennes émotions liées à votre deuil, ce qui est commun et normal, cherchez du soutien ailleurs. Allez ailleurs pour raconter votre histoire et terminer votre travail de deuil. La personne en deuil ne vous aidera pas en ce moment, en entendant les détails de votre histoire. Elle a besoin de toute son énergie pour vivre avec la sienne. Si elle vous demande de lui raconter votre perte, faites-le. Mais faites-le dans le contexte de lui apporter votre soutien et non de rechercher son soutien.

  • N’attendez pas des autres qu’ils aient un deuil similaire au votre.

Soyez vigilant et sensible à leur personnalité et à leurs propres besoins. Par exemple, si vous savez que la personne en deuil est extravertie, donnez-lui l’opportunité de parler et de décharger sa colère. Si au contraire la personne est introvertie, offrez-lui beaucoup d’espace d’intimité. Dans tous les cas ne présumez pas que les besoins de l’autre soient identiques aux vôtres.

  • Au fur et à mesure du temps qui passe, ne faites pas comme si rien ne s’était passé en évitant le sujet.

Trop souvent, après le branle-bas de combat initial, cartes, coup de téléphone, la personne reste seule. Essayez de poser la question : « comment te sens-tu à propos de Fluffy maintenant ? » ou « comment est –ce que ça s’est passé pour toi depuis notre dernière conversation ? » N’évitez pas le sujet par peur de lui rappeler que son animal est mort. Vous n’avez pas besoin de le lui rappeler – elle n’oublie pas. Lui montrer que vous vous souvenez, vous aussi, peut apporter beaucoup de soutien.

  • N’interrompez pas les pleurs de la personne en deuil en la prenant prématurément dans vos bras et en lui disant : «  ne pleure pas. » même si vous dites cela avec tout votre amour. Les personnes en deuil ont besoin de pleurer. C’est naturel, normal et sain de pleurer. Certaines études montrent que certaines hormones sont libérées lors des larmes de tristesse et non lors des larmes causées par l’allergie ou les oignons. En tant qu’aidant, nous devons apprendre à être à l’aise face à la douleur de l’autre en sachant que notre seule présence, sans rien faire, sans s’occuper de rien, mais en étant simplement là, est aidante pour l’Autre. Si vous avez le feu vert pour prendre cette personne dans vos bras, faites-le (sinon demandez si vous pouvez le faire), touchez-lui la main ou l’épaule et dites-lui : « tu peux pleurer avec moi. » ou « pleure autant que tu veux. »
  • N’attendez pas qu’une personne en deuil vous invite, vous offre à manger ou à boire ou vous divertisse quand vous lui rendez visite.

Sa capacité à être énergique est diminuée pour un temps. Soyez simplement présent(e).

  • N’allez pas rencontrer cette personne alors qu’elle est en deuil pour trouver des solutions à vos propres problèmes.

Ceci pendant plusieurs semaines voire plus. Cela ne signifie pas que vous devez être artificiel(le) et prétendre que vous n’avez pas de problèmes. Parlez naturellement avec votre ami mais évitez de rechercher activement leur soutien à propos de vos propres problèmes. Une personne en deuil à besoin de monopoliser toute son énergie pour traverser cette épreuve et guérir. Soyez attentif(ve) à ne pas les épuiser avec vos propres besoins. Quand quelqu’un que nous aimons traverse une crise, comme un deuil, ce n’est pas le moment d’espérer donner et recevoir à égalité au sein de notre relation. Temporairement, c’est vous qui allez donner et non recevoir. Sauf pour l’amour que nous recevons en donnant.

  • Ne soyez pas trop invasif(ve) dans votre soutien.

Par exemple ne présumez pas que c’est Ok de simplement passer à la maison. Même si c’est dans vos habitudes, la personne en deuil a peut-être besoin d’intimité et peut ressentir votre visite comme une intrusion. Vérifiez, demandez de quelle forme de soutien elle a besoin.

  • N’évitez pas la personne parce que vous êtes mal à l’aise avec le deuil.

Soyez honnête et exprimer vos sentiments de gêne ou le fait que vous ne sachiez pas très bien que faire, mais exprimez de toute façon votre désir de soutien. La plupart des personnes apprécieront votre authenticité. Si vous êtes une relation, envoyez peut-être une carte, un mot. Si par contre vous êtes un membre de la famille ou un ami proche et que vous êtes intimes avec la personne en deuil, votre relation avec cette personne risque fortement d’être entachée si vous êtes peu disposé(e) à essayer d’apprendre à la soutenir. Les crises créent souvent des ratés dans les relations. Si la personne en deuil se rend compte que vous vous tenez à distance quand elle en a besoin, vous risquez d’être brouillés plus tard. Beaucoup de personnes ont déclaré s’être senties abandonnées par leurs proches, ce qui a intensifié leur peine. Ne vous laissez pas effrayer par les émotions intenses. Vos proches ont besoin de vous, maintenant plus que jamais.

  • N ‘essayez pas de faire en sorte que la personne oublie en l’occupant sans arrêt. Mais proposer de sortir ou de participer à une activité quelconque est différent, spécialement si la personne le désire. Référez-vous toujours à la personne en deuil pour savoir où elle en est dans son processus de guérison et ce dont elle a besoin au jour le jour. Cela suppose une écoute attentive, des questions simples, une observation astucieuse et de ne pas la pousser  à être active. Souvent le deuil a besoin de périodes de réflexion et de tranquillité.
  • Ne dites pas à la personne en deuil : « il est temps de poursuivre ton chemin. »

Qu’est-ce que cela veut dire de toute façon ? Cela signifie toujours que la personne qui pose la question est embarrassée par le travail de deuil de la personne en face d'elle. Ou embarrassée par le temps qu’il faut à l’Autre pour accepter son deuil. Ou la façon dont la personne vit son deuil. Personne, PERSONNE sauf la personne touchée ne sait quand il est temps de poursuivre son chemin. D’ailleurs qu’est ce que poursuivre son chemin ? C’est quand la personne touchée est prête à rediriger à nouveau son énergie sur d’autres sujets que son deuil : d’autres animaux, peut-être même un nouvel animal, d’autres personnes, des projets. C’est quand dans son cœur et dans son esprit, l’énergie n’est plus focalisée sur l’animal qui est mort. Cela veut dire qu’elle est prête à se définir comme quelqu’un qui peut fonctionner et être en paix dans un monde sans lequel elle serait perdue. Poursuivre son chemin n’arrive que quand la personne a franchi les premières étapes du travail de deuil vers la guérison : Accepter et mettre fin à la relation émotionnelle avec l’animal disparu. Si votre préoccupation n’est pas simplement que votre ami(e) ne va pas assez vite pour faire son deuil, mais est « bloqué » dans son travail de deuil ou fait face à un deuil pathologique, alors vous devriez gentiment, sans jugement et sans vous attachez au résultat, offrir des ressources de soutien comme des livres, des cassettes, groupes de soutien, thérapeutes…

 

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Texte de Teresa Wagner
Copyright © Teresa Wagner
Tous droits réservés.

Traduit avec son aimable autorisation

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Copyright © 2001/2004
Laurence Bonnefous-Roustan
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